A une table de montage électronique, des doigts rapides préparent les images de "Dix heures moins neuf", l'émission d'actualités plutôt agressive d'une chaîne de télévision privée, s'efforçant de donner au sujet l'acuité réclamée par une société médiatisée et de procurer aux fétichistes de l'audimat les chiffres attendus. Yoko Endo, excellente monteuse, capable d'exercer son métier les yeux fermés, a l'habitude de finir une émission une seconde avant sa diffusion, sans pour autant en diminuer la force de divulgation. Cette fois aussi, elle réussit, par un simple effet de montage, à démontrer la culpabilité d'un homme, père de famille, l'accusant ni plus ni moins d'un meurtre. L'esquisse d'un sourire sur son visage suffit. Satoshi Isaka s'est déjà intéressé au monde des médias dans son premier film, "Focus". Ici, sous la forme d'un thriller, il nous révèle de façon magistrale ce qui peut arriver à la vérité quand le temps presse, la manière dont sont fabriquées les images de nos programmes télévisés et surtout les conditions dans lesquelles la télévision d'aujourd'hui travaille.
Suspense dans le milieu des médias. Le paysages des médias a vecu beaucoup de changements au cours des dernières années. Autrefois, les médias - journaux ou télévision - avaient le temps de faire un traveil sérieux. Aujourd'hui, on a souvent l'impression que seules deux choses comptent: la rapidité et la capacité à divertir le public. Les journaux se sont adaptés aux médias électroniques, si bien que nous avons souvent le sentiment que le fait d'annoncer quelque chose passe avant la valeur ou même la véracité du fait présenté.
Satoshi Isaka sait très bien de quoi il parle, puisqu'il a lui-même travaillé comme journaliste à la télévision. Avec "Focus" déjà, son premier film de fiction, il avait provoqué en 1997 de nombreuses discussions. Suite
A une table de montage électronique, des doigts rapides préparent les images de "Dix heures moins neuf", l'émission d'actualités plutôt agressive d'une chaîne de télévision privée, s'efforçant de donner au sujet l'acuité réclamée par une société médiatisée et de procurer aux fétichistes de l'audimat les chiffres attendus. Yoko Endo, excellente monteuse, capable d'exercer son métier les yeux fermés, a l'habitude de finir une émission une seconde avant sa diffusion, sans pour autant en diminuer la force de divulgation. Cette fois aussi, elle réussit, par un simple effet de montage, à démontrer la culpabilité d'un homme, père de famille, l'accusant ni plus ni moins d'un meurtre. L'esquisse d'un sourire sur son visage suffit. Satoshi Isaka s'est déjà intéressé au monde des médias dans son premier film, "Focus". Ici, sous la forme d'un thriller, il nous révèle de façon magistrale ce qui peut arriver à la vérité quand le temps presse, la manière dont sont fabriquées les images de nos programmes télévisés et surtout les conditions dans lesquelles la télévision d'aujourd'hui travaille.
Suspense dans le milieu des médias. Le paysages des médias a vecu beaucoup de changements au cours des dernières années. Autrefois, les médias - journaux ou télévision - avaient le temps de faire un traveil sérieux. Aujourd'hui, on a souvent l'impression que seules deux choses comptent: la rapidité et la capacité à divertir le public. Les journaux se sont adaptés aux médias électroniques, si bien que nous avons souvent le sentiment que le fait d'annoncer quelque chose passe avant la valeur ou même la véracité du fait présenté.
Satoshi Isaka sait très bien de quoi il parle, puisqu'il a lui-même travaillé comme journaliste à la télévision. Avec "Focus" déjà, son premier film de fiction, il avait provoqué en 1997 de nombreuses discussions. Avec "The Frame", il poursuit le même discours, sans toutefois oublier la dimension humoristique. Le réalisateur sait jusqu'à quel point on cherche à présenter les choses d'une manière attractive, et aussi dans quelle mesure les faits et l'être humain comptent moins que des histoires que l'on peut construire. Il nous montre ce qui se passe effectivement dans les rédactions de nos médias. Ils démontre aussi comme il peut être facile d'instrumentaliser les médias, en leur présentant simplement une information qui peut être qualifiée de scoop. Et il montre aussi que derrière le terme de médias se trouvent des êtres humaines, par conséquent vulnérables.